Le captage

Les canaux sont tributaires des ressources naturellement disponibles, donc des bassins versants et du volume d'eau présent dans le milieu.

Le captage de l'eau dans le milieu naturel se fait par l'intermédiaire de prises situées en amont du périmètre à irriguer.

Le captage de l'eau se fait par une vanne directement située sur une berge du cours d'eau, ou à proximité d'un seuil de dérivation placé en travers du cours d'eau.

Le seuil de dérivation a pour objet de relever légèrement le niveau de l'eau.

La vanne de prise peut être située à une certaine distance du cours d'eau naturel, le transport de l'eau étant effectué alors par un canal tête-morte.

La prise d'eau principale est protégée par une grille qui retient les plus gros éléments flottants.

De même, on trouve généralement à la suite des prises d'eau un dégraveur et un désableur.

Le transport

Traditionnellement un canal est calculé et construit avec de trés faibles pentes (de 1/1000e à 3/1000e ).

Le transport de l'eau nécessaire à  l'irrigation du périmètre est effectué par un réseau de canaux dont les dimensions sont étudiées en fonction des débits prévus.

La branche-mère transporte l'eau de la prise au périmètre d'irrigation, sur ce linéaire il n'existe aucun ouvrage destiné à arroser des parcelles.

A partir de cette branche-mère partent un ou plusieurs canaux primaires, eux-mêmes divisés en canaux secondaires, en fonction du périmètre à irriguer et de la complexité du réseau.

Le terme "filiole" est réservé aux canaux desservant directement des parcelles.

Le transport de l'eau, assuré par ce réseau de canaux, nécessite parfois des ouvrages spécifiques pour franchir des obstacles. D'autres permettent la régulation du niveau, la répartition des débits

Le transport de l'eau peut être effectué à ciel ouvert lorsque le terrain le permet. Plusieurs cas de figure peuvent alors exister :

  • les canaux en terre sont réservés aux terrains peu filtrants ;
  • les canaux maçonnés, voire revêtus de bâche d'étanchéité, sont utilisés dans les autres cas.


Selon la configuration du terrain, le canal peut aussi être busés ou enterrés.

Le franchissement des obstacles rencontrés sur le terrain amène soit au creusement de galeries, soit à la construction d'aqueducs ou de bâches de franchissement, de siphons.

Le stockage

Du fait des conditions climatiques du département, dans les Hautes-Alpes les cours d'eau sont très souvent au plus bas étiage alors que les demandes de prélèvement sont les plus fortes.

Les masses d'eau artificielles stockées dans des réservoirs pendant les périodes de plus grande disponibilité de la ressource sont autant de possibilités de répondre favorablement aux besoins du milieu agricole.

Ces éléments de stockage n'existent pas de façon systématique sur l'ensemble des réseaux.

Dans une moindre mesure, l'eau contenue dans le réseau de canaux par lui-même constitue également un stockage temporaire.

Les ouvrages de régulation et de répartition

Les ouvrages de répartition servent à distribuer l'eau selon des débits déterminés dans les canaux successifs.

Le niveau des eaux transportées dans les canaux étant variable, les ouvrages de régulation de débit permettent de maintenir la ligne des eaux pour assurer une alimentation correctes des prises individuelles. Il s'agit le plus souvent de déversoirs (fonctionnement passif) ou de vannes de décharges (intervention manuelle), voire de vannes automatisées sur les grands systèmes.

Des vannes de décharge placées à l'aplomb de cours d'eau permettent d'évacuer les eaux en surplus en les restituant au milieu naturel ; dans ce cas là, elles fonctionnement davantage comme ouvrage de sécurité.

Elles peuvent aussi servir à dévier des eaux trop chargées en matières et non utilisables pour l'irrigation.

La distribution

Il s'agit de la dernière phase, celle qui permet d'amener l'eau en tête de la parcelle à arroser. Dans les systèmes gravitaires les plus traditionnels, il peut s'agir de martelières en bois ou métalliques, voire de simples pierres, qui empêchent ou permettent le passage de l'eau dans les filioles.

En systême sous pression, des conduites métalliques sont branchées aux bornes d'irrigation et ensuite raccordées aux matériels d'aspersion (voir "techniques d'irrigation").